Bonne conscience occidentale ou réelle volonté d’aide et de solidarité ?
Les résultats d’une politique d’aide sont indissociables des autres interactions avec les pays du Sud.
La dette des pays du Sud (2450 milliards de $ en 2001 contre 50 milliards en 19681), déjà remboursée par les intérêts clament certains, illégitime disent d’autres, réduit la marge de manœuvre de ces pays. De plus, celle ci favorise l’application de plans d’ajustement structurel, qui ont entre autre comme conséquences de réduire les budgets alloués à l’éducation et à la santé. Pour le professeur Stiglitz (et prix Nobel d’économie), la logique du FMI se comprend mieux si on l’observe en se disant qu’elle sert les intérêts de la finance internationale et non les économies en crise et leur population2.
Les subsides à l’agriculture des pays occidentaux (plus de 300 milliards de dollars par an), font sur le marché international artificiellement chuter les prix des denrées agricoles ; manque à gagner pour tous les producteurs non subsidiés ; or la majorité des populations du Sud vivent de l’agriculture et plus de 800 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde3. Cette somme est 6 fois supérieure à celle octroyée pour l’aide au développement aux pays pauvres4.
Néanmoins, nombreux sont les dirigeants des pays du Sud peu préoccupés par le sort de leur population ; ceci évidemment met à mal les bonnes volontés. A propos du comportement de ces dirigeants vis à vis des luttes de pouvoir, on lit récemment dans l’Intelligent ; « ces conflits interminables, en règle générale, détruisent beaucoup et ne résolvent rien. Ils sont donc aggravés par (…) l’idée fausse mais très répandue chez des dirigeants africains, que le monde non africain est dans l’obligation de leur venir en aide et doit se comporter selon leurs vœux, eux-mêmes demeurant libres de toute obligation envers lui5 ».
Il reste néanmoins possible d’aider individuellement des hommes et des femmes, et dans certains cas des populations. La solidarité et la défense des droits humains sont probablement les moteurs de la majorité des associations qui s’impliquent dans ce genre d’actions.
1 CADTM; les chiffres de la dette; http://users.skynet.be/cadtm/pages/francais/vademecum02.htm
2 STIGLITZ Joseph E., La Grande Désillusion, Fayard. 2002.
3 Action contre la faim. http://www.acf-fr.org/
4 VEILE Mark. Agriculture; l’Europe étrangle les pays pauvres. Le Monde. 29 Novembre 2002.
5 ben Yahmed Béchir. Responsables et coupables. L’Intelligent. 11 Février 2003. (http://www.jeuneafrique.com)